Les effets inattendus ? du déconfinement

par Florine Oury
dans Blog
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Lors d’une réunion avec quelques psychologues du projet COVID19-Soutien, notamment Noëllie Dunand, Sophie Abis, Malika Pellarin, Julia Pichard et Patricia Ryser, nous avons discuté de l’évolution de la crise sanitaire liée au coronavirus, notamment au sujet du déconfinement.

Vivement le déconfinement !

Le déconfinement a fait rêver beaucoup de monde pendant des semaines ! Chacun-e a pu s’imaginer ce qu’il ou elle ferait dès que tout sera fini : aller voir ses proches, faire une grande fête, en famille, ou entre amis, aller voir ses copains et boire un verre ou se faire un bon resto, ou encore faire un barbecue géant ! Tant d’idées nous ont traversé l’esprit…

Jusqu’au jour de la désillusion…

Soudain, vous vous rendez compte que cette étape du déconfinement, vous n’avez pas pu l’envisager, on est dans une période transitoire, et c’est le semi-déconfinement qui l’emporte. L’incertitude reste très présente. Ainsi on doit mettre un masque dans le train, mais pas au supermarché. On ne peut pas manger avec ses collègues au boulot, mais on peut se rejoindre dans le restaurant en face – à condition de ne pas être plus de 4 à table. Mais pas tous, certains restaurants ou tea-room ont décidé de rester fermés, estimant pas rentable d’ouvrir dans de telles conditions.

A la crèche ou à l’école, l’ambiance est irréelle, déshumanisée. On impose aux enfants des distances de sécurité, le personnel ne peut pas toucher les enfants, ni les réconforter. Les activités sont réduites, voire certaines supprimées. Certains enseignants sont en panique, et ne font pas confiance aux grandes décisions.

Cour de récréma journée après le confinement

Il y a aussi les parents qui refusent de laisser leurs enfants retourner à l’école, par crainte qu’ils attrapent le virus de la COVID-19. En France et en Belgique, de nombreuses communes décident d’aller contre les recommandations de réouverture en laissant les écoles fermées plus longtemps, parce qu’elles ne remplissent pas les conditions d’accueil recommandées.

Toutes ces interrogations, ces questionnements, ces comportements contradictoires sont principalement dus au degré d’incertitude, au fait que les autorités manquent parfois de cohérence ou de logique dans leurs directives. Nous nous perdons dans les informations, nous ne savons pas à qui faire confiance. Tout cela impacte l’état d’anxiété générale de la population et c’est normal !

Alors chacun va adapter ses stratégies propres, en pensant que ce qui est le mieux pour lui pourra être le mieux pour tout le monde. On assiste alors à des scènes de violences verbales dans les rues ou les supermarchés, chacun-e voulant imposer sa façon de faire ou de voir aux autres. Les gens se méfient, se regardent de travers, s'évitent systématiquement ou pas du tout, certains ont peur de mettre un masque et n’osent pas de peur qu’on les juge, et d’autres ont peur de ne pas le mettre.

Alors comment évoluer sereinement dans une ambiance si étrange ?

Je pense que ça passe beaucoup par l’acceptation. L’acceptation de ne pas avoir le contrôle sur la situation, l’acceptation que chacun-e peut avoir ses propres idées sans être totalement dans le faux. Accepter, ce n’est pas facile, et c’est normal que ce ne le soit pas, il faut donc essayer, s’entraîner, se reprendre… Chaque personne vit la crise à sa manière et après les formidables élans de solidarité nés en mars, il serait tellement bénéfique de continuer, et de garder à l’esprit une certaine tolérance vis-à-vis des autres, accepter que chacun-e puisse penser différemment, en fonction de ses propres expériences, de ses propres ressources, et de son propre vécu.

La période est globalement propice à la protection de tous, cela passe aussi par l’acceptation des différents points de vue. Je trouve d’ailleurs plus positif et réaliste de parler de gestes de protection, plutôt que de gestes « barrières ». Parler de gestes « barrières » envoie un message assez négatif au cerveau. Inconsciemment, il intègre qu’il doit mettre des « barrières » entre lui et les autres, qu’il doit s’enfermer, construire des murs – réels ou imaginés -

On touche là à la notion des libertés également. D’une société relativement respectueuse des libertés individuelles, on est passé en quelques mois à une société où règne la peur, le jugement, la délation. De plus en plus de personnes commencent à souffrir de cette atteinte à leur liberté et c’est tout à fait compréhensible. Il faut temporairement placer son curseur « liberté » à un autre niveau, pour encore une fois, accepter certaines mesures, en gardant à l’esprit qu’elles doivent absolument rester temporaires et exceptionnelles ! 

Benjamin Franklin disait très justement : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux. »

Si nous restions dans le respect de soi, dans le respect de l’autre et dans un esprit de tolérance face à la frustration que tout cela peut générer, alors cette période devrait se dérouler de manière plus sereine, et vous permettre de patienter, en attendant les jours meilleurs qui reviendront, soyez-en sûr-e !

De notre côté, le Cabinet T.AMADEUS a mis quelques mesures en place, pour pouvoir vous accueillir dans les meilleures conditions.

En attendant, la plateforme COVID19-Soutien est toujours disponible, vous pouvez y aborder gratuitement et en toute confidentialité tous les sujets touchant la crise sanitaire actuelle avec des psychologues bénévoles via tchat ou vidéotchat.

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